Le livre numérique jeunesse : quels usages ? (2)

De l’utilité du livre numérique pour une mère de famille

Mettez-vous dans la peau d’une mère de famille, équipée de trois enfants scolarisés en classes élémentaires, soucieuse d’un bon usage des écrans familiaux et, c’est la très grande majorité, non équipée en tablette tactile. Les enfants ont accès à l’ordinateur familial, connexion à internet coupée, pour faire des jeux – éducatifs cela va de soi ! –, des dessins ou regarder un DVD. Tout cela ayant une durée limitée et déterminée à l’avance. Les bibliothèques de la maison sont bien remplies, la médiathèque municipale est proche, et Maman ne résiste jamais à l’achat de livres pour sa progéniture lorsqu’elle pénètre dans une librairie jeunesse.
Les livres numériques ? Elle en a entendu parler, mais ne s’est pas franchement penchée sur la question, n’ayant de toute façon pas le matériel adapté pour les découvrir. Elle estime, d’autre part, qu’entre les DVD, la télé ou les jeux sur ordinateur, le temps que passent ses enfants devant un écran est largement suffisant, voire saturé. Qu’ils trouvent de quoi lire à volonté sur les étagères de la maison. Que les journées sont bien remplies par l’école, les activités, les devoirs, les copains et que c’est déjà bien compliqué de caser tout ça ! Alors le livre numérique… Un gadget, dont on retarde l’acquisition le plus longtemps possible.
Petite variante. Maman a un smartphone et télécharge dessus des applications pour ses enfants qu’elle leur montre en cas d’attente chez le médecin ou pendant un voyage en voiture de plusieurs heures. Il s’agit principalement de jeux car, après tout, c’est ce qui amuse ses enfants, mais aussi car elle ne connaît pas bien l’offre existante pour la jeunesse et n’a vraiment pas le temps de se lancer dans des recherches en profondeur sur le sujet. Alors le livre numérique…
Dans ces deux cas de figure, notre mère de famille n’en voit pas l’utilité. Les livres numériques ne peuvent pas, pour elle, être laissés à la disposition de leurs enfants, comme on leur abandonne un livre imprimé. Ils n’apportent rien de plus qu’un DVD, n’offrent aucune garantie de qualité, ne font pas le poids devant un album jeunesse papier et ne sont qu’un prétexte face au pouvoir attractif de l’écran. Dit-elle. Maman ajoute aussi que si elle connaissait des prescripteurs fiables, elle se pencherait peut-être sur la question. Car, renchérit-elle, non seulement, l’offre numérique jeunesse n’est pas connue, mais elle est aussi introuvable !

Quelle place donner au livre numérique jeunesse ? Comment en faire un usage pouvant être jugé “utile” par une mère de famille ? Il y a du pain sur la planche. Pour les éditeurs, comme pour les prescripteurs. Ces derniers existent et ont commencé à débroussailler le terrain : la souris grise, Applimini et Declickids, pour ne citer qu’eux, livrent des critiques d’applications jeunesse et s’efforcent de guider les acheteurs dans leur recherche de produits et dans leur approche des écrans. Mais la prescription sur internet ne suffira pas, seule, à vaincre les réticences de la plupart des mamans. Il faudrait imaginer d’autres canaux de découverte et de transmission. Nous allons nous y atteler.

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