Archives mensuelles : décembre 2012

Le livre numérique jeunesse : quels contenus au menu ? (7)

Florilège

Il est souvent  de coutume, en fin d’année, de faire un bilan des mois écoulés avant d’entrer dans un nouveau cycle. Pour moi, ce sera une sélection des livres numériques qui m’ont marquée, interpellée, étonnée. Pas de choix rationnel, promotionnel ou d’inventaire de Noël mais plutôt des idées retenues, des pistes ouvertes.

Parmi les applications pour les plus petits, je retiens La Sorcière sans nom, pour l’animation ludique et l’utilisation amusante de la tablette qui en découle. Moins pour la qualité littéraire de son contenu qui donne – un peu trop parfois – l’impression que l’histoire sert de prétexte à l’interactivité.

 

La sorcière sans nom

 

 

 

 

 

Parues plus récemment, Les Histoires farfelues produisent des contes à la manière d’un bandit manchot. Un peu frustrant de temps en temps mais drôle et imprévisible sans aucun doute.

 

Histoires farfelues

 

 

 

 

 

J’ai un petit faible pour Ma poire. Une application peut-être pas aussi enthousiasmante que Dans mon rêve, mais de de toute beauté également. Avec le risque de faire rêver davantage les parents que les enfants…

 

Ma poire

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, deux livres, qui ne sont pas des applications mais des créations enrichies au format epub, format encore peu exploré en jeunesse : Francis et la souris verte, une histoire très joliment animée, et Le garçon aux grandes oreilles, un conte traditionnel du Maroc qui fourmille d’explications sur le texte, la langue, le pays. À découvrir !

 

Francis et la souris verte

 

 

 

 

 

 

 

Le garçon aux grandes oreilles

 

 

 

 

 

 

 

Pour les plus grands, cette fois, Conte du haut de mon crâne est pour moi un des livres marquants de cette année. Un texte aux qualités littéraires indéniables, des illustrations en harmonie avec l’histoire. Un beau travail éditorial. Autant d’éléments que l’on trouve encore trop rarement réunis chez les pure-players.

 

Conte crane

 

 

 

 

 

 

Voyage au centre de la Terre est également une réussite. Le texte de Jules Verne n’a plus grand-chose à prouver. En revanche, les animations, les choix interactifs et le graphisme choisis le valorisent certainement.

 

Voyage au centre de la terre

 

 

 

 

 

 

 

Et dans la catégorie documentaire…
Le dinosaure est le troisième titre de la collection “Mes premières découvertes” (Gallimard) à paraître sous forme d’application, après La coccinelle et La forêt. Une belle application, comme les deux précédentes.  L’écran leur va comme un gant.

 

Le dinosaure

 

 

 

 

 

Une autre application a ouvert cette année la voie de l’appli-documentaire : Le corps humain expliqué par Tom. Un exposé “à tiroirs” livrant les informations au fur et à mesure qu’on les ouvre : les explications sont nombreuses et détaillées. Intéressant et bien ficelé.

 

Chocolapps corps humain

 

 

 

 

 

 

Une mention spéciale pour “Jo et moi autour du monde” avec les titres Londres et Paris. Des carnets de découverte des capitales britannique et française, ludiques et interactifs. Sympathiques !

 

Jo et moi

 

 

 

 

 

Et pour finir : le premier numéro de Cramik, une revue jeunesse venue de Belgique pour les enfants lecteurs, proposant des fictions, des blagues, des recettes, des reportages. À suivre. On attend les numéros suivants avec impatience.

 

Cramik

 

 

 

 

 

 

On ne peut que souhaiter longue vie à tous ces livres numériques. À tous ceux que je n’ai pas cités également (je me suis forcée à faire un choix). Et encourager les éditeurs qui se lancent, mais aussi ceux qui se sont déjà jetés à l’eau et qui tiennent le coup depuis quelques années, ou encore ceux qui n’osent pas mais qui, peut-être un jour… En espérant que la cuvée 2013 sera riche en nouvelles découvertes, en nouveaux contenus. Très belles fêtes de fin d’année !

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Lecture du jour

Ne passez pas à côté du rapport 2012 du Défenseur des Droits, intitulé Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique. Les usages, le contrôle, l’éducation, l’accès à l’information, la vie privée… autant de thématiques incontournables qui devraient alimenter la réflexion et les recherche sur les contenus numériques jeunesse.

Horizon 2013 ?

À l’instar de Bayard avec son J’aime Lire Store, une appli-librairie regroupant les contenus numériques jeunesse de Bayard (voir aussi Graines de librairies), Chocolapps a ouvert récemment Le petit monde de Chocolapps, une application regroupant toutes les applis de l’éditeur. Avec, en prime : un volet sur les nouveautés, des infos sur les promos (à condition bien sûr d’accepter de laisser son adresse e-mail pour recevoir les news), des jeux, un concours. Trois critères permettent de faire une sélection des applications proposées : le genre (fille ou garçon), l’âge (une échelle de 0 à 9 ans), le thème (jeu, livre ou découverte). Enfin, pour chaque application sont proposés : un aperçu (YouTube) et des fonctions que je n’ai pu tester à l’heure où j’écris – un “bouton” offrant la possibilité de voir l’application et un lien permettant d’offrir cette app.

 

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Petit monde de Chocolapps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chocolapps a aujourd’hui suffisamment de titres au catalogue pour pouvoir proposer sa propre “librairie” numérique. C’est une première pour un éditeur pure-player. Cela présente l’avantage de présenter toutes ses applications (plus d’une vingtaine) regroupées en un même lieu. Et pour les parents, il est tentant d’y rester plutôt que d’aller s’égarer dans les méandres de l’Appstore à la recherche d’une application pour ses bambins. L’effet collection fonctionne sans doute très bien : si j’ai Cendrillon, pourquoi je n’aurais pas aussi Le chat botté, Blanche-Neige, etc. Les applications Chocolapps sont par ailleurs présentes individuellement dans l’Appstore. La visibilité de l’éditeur est donc double : à travers son “catalogue-magasin” et à travers ses applications. Contrairement au J’aime Lire Store, unique porte d’entrée des contenus de Bayard jeunesse.
La contrepartie de ces applications : enfermer le l’usager dans un univers, dans une marque qu’il aime ou pas. Rassurant pour l’instant, mais qu’en sera-t-il lorsque pour les lecteurs s’ouvriront d’autres horizons…

Il semble en tout cas que l’offre numérique jeunesse commence à s’organiser chez les éditeurs. Car il n’existe encore rien de transversal, pas de “librairie” ni même d’offre groupée proposant une sélection riche et structurée. En espérant que cela viendra. En 2013 ?

Irrésistible ?

Amazon lance, aux États-Unis, un abonnement pour les enfants, le Kindle FreeTime Unlimited (voir aussi Actualitté, 5 décembre 2012). Un abonnement à quoi ? Un accès illimité à l’univers d’Amazon dédié à la jeunesse : livres numériques, films, jeux et autres contenus ludo-éducatifs. Il coûte entre 3 $ et 10 $ par mois selon l’équipement des parents et l’offre choisie (accès pour un seul enfant ou pour la famille). Il faut, bien entendu, posséder une tablette Kindle Fire ou Kindle Fire HD, ou encore Kindle Fire HD8.9. Autrement dit, un équipement plutôt récent. La cible : celle des 3-8 ans. Cela semble logique, c’est pour cette tranche d’âge que les catalogues numériques sont les plus fournis, on l’a déjà dit. La navigation peut bien sûr être contrôlée, paramétrée, limitée par les adultes.

C’est impressionnant. La France n’est pas encore concernée, mais c’est une nouvelle part de marché dont Amazon se saisit. Qui peut résister à cette offre à l’heure où il est déjà assez complexe de choisir des contenus numériques pour ses enfants tant les repères sont flous ? L’abonnement d’Amazon permet justement de ne pas se poser de questions ! Sauf qu’on risque de ne pas s’y retrouver plus qu’avant. À défaut d’acheter un produit en particulier, il faudra bien orienter les enfants vers tel ou tel livre, vers tel ou tel jeu. La tâche menace d’être ardue sans aide, sans prescription. À moins de baisser totalement les bras et de confier à Amazon l’éducation littéraire et ludique de ses enfants… On ne l’abandonnerait pas davantage à Apple, ni à personne d’autre, si une telle offre voyait le jour.

N’entrons pas dans les méandres des formats propriétaires. Ils sont évidemment  contraignants, agressifs commercialement. Avec le lancement de cet abonnement, les fournisseurs de contenus ont un immense rôle à jouer : proposer des livres, des jeux, des animations de bonne et belle qualité. Facile à dire, mais si les éditeurs soucieux de cette qualité ne trouvent pas de modèle économique viable pour créer, diffuser leurs réalisations et pour être visibles, l’aventure risque de tourner court pour eux. Tenir bon et continuer : c’est le souci de beaucoup d’entre eux, en France, aujourd’hui. On en revient toujours à la même question : comment promouvoir une édition innovante et de qualité ?

Rencontres de Montreuil

Le très bref compte-rendu d’une journée passée au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil qui a fermé ses portes hier soir. Un temps qui a semblé trop court pour tout voir, tout écouter mais un moment riche en rencontres, en échanges, en rêves… Nous avons déambulé dans les allées à trois, avec de la curiosité et pas mal d’interrogations en tête.

Merci à Guillaume Jaubert, des éditions Sikanmar, d’avoir pris le temps de nous présenter ses créations imprimées et numérique. Une démarche qui nous a intéressée, depuis la phase d’élaboration jusqu’à la diffusion des livres. Si vous ne connaissez pas encore la collection Jo & Moi autour du monde, c’est ! De véritables carnets de découverte pour explorer, lire et jouer. Paris, Rome, New-York, Londres l’Irlande, Madrid sont, actuellement, les destinations au catalogue. Le titre Londres a également sa version numérique – au passage, réalisée avec iBooks Author – disponible dans iBooks.

 

Jo et moi

 

 

 

 

 

 

 

Un échange également intéressant avec Byook, dont les livres immersifs ont déjà été évoqué ici. Mais pas encore la collaboration avec Hâtier dans le cadre de la réalisation d’une application tirée d’un des ouvrages de l’éditeur : Mon chemin. Un album numérique pour les petits (3-8ans) que l’on découvre en suivant le fil rouge de l’histoire…

 

Mon chemin

 

 

 

 

 

 

 

Il faut encore évoquer Mediatools, une agence de conseils et de création de contenus numériques avec qui nous avons pris plaisir à discuter. Sous sa marque éditoriale, Appicadabra, Mediatools a produit quelques jolies applications, aux animations très légères, dont Pinocchio et Cendrillon

 

Pinocchio

 

 

 

 

 

Cendrillon

 

 

 

 

 

La Souris qui raconte, E-toiles, les éditions volumiques, l’Apprimerie, SlimCricket, Webdokid et d’autres, que j’oublie certainement, étaient présents. Nous n’avons pas pu tout faire, pas pu tout voir mais la journée fut riche.
En espérant que les éditeurs de livres numériques, dont les stands ont été très fréquentés semble-t-il, pourront vendre leurs productions au prochain Salon, à l’instar des autres éditeurs. Il n’en était rien cette année.