Archives mensuelles : avril 2013

Bookcamp, lisez jeunesse !

bookcamp

Un petit compte-rendu du Bookcamp jeunesse auquel j’ai participé hier (jeudi 11 avril 2013) dans les locaux du Labo de l’édition à Paris.
Au menu : six ateliers thématiques liés à l’édition numérique, un mini pecha kucha et un cocktail pour clore l’après-midi.

Ce que j’en ai retenu est bien entendu subjectif (on retient parfois ce qu’on a envie d’entendre) et partiel puisque j’ai participé à deux ateliers sur les six programmés.

Comment créer de nouvelles expériences de lecture et d’exploration ? (1er atelier)

• La navigation est très importante car c’est elle qui guide le lecteur, qui lui permet de dérouler la narration. Différentes formes de navigations ont été recensées : le “tourner” de pages, bouton ou personnage à toucher pour faire avancer l’histoire, flèches permettant de passer d’une action à l’autre, déblocage du récit par le jeu.
Tiens, tiens… Et les livres dont vous êtes le héros ? Nous les avons oubliés ceux-là. Ils peuvent être sources d’autres moyens d’avancer dans l’histoire.

• L’interactivité prend facilement le dessus sur l’immersion dans la lecture. L’équilibre est difficile à trouver. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’enfants lecteurs.
Est-il possible de concilier narration et interactivité ?

• L’interactivité empêche-t-elle la lecture d’être linéaire ? Cette linéarité est-elle une condition indispensable pour qu’il y ait livre ?

• La prise en compte de l’ergonomie de la lecture semble essentielle pour s’approprier la tablette comme support de réalisation, comme nouveau support de proposition à lire.

• La création éditoriale numérique est collaborative et met en relation tous les acteurs du projet pour construire le livre. On constate l’absence de chaîne structurée.
Qui ferait, sinon, l’interface entre l’auteur et le codeur ? Le métier d’éditeur ne va-t-il pas tendre  vers cette compétence ?

• Il semblerait que l’écriture pour tablette ne soit pas encore née. De nouveaux profils d’auteurs et de concepteurs vont sans doute émerger. On a bon espoir que les auteurs s’approprient le support pour créer des histoires, pour inventer une forme d’écriture qui respecte la lecture (de celui qui a envie de lire !).

Comment distribuer, diffuser, promouvoir l’offre numérique jeunesse ? (2e atelier)

• La promotion passe par tous les canaux possibles : presse “traditionnelle”, catalogues d’applications, sites, blogs, réseaux (souvent par l’intermédiaire d’un community manager), partenariats (avec les bibliothèques notamment).

• Il n’existe en effet aucun media spécialisé, aucun lieu (physique ou virtuel) relayant l’offre numérique jeunesse. Rendre le livre numérique visible et accessible auprès du grand public est une tâche ardue.
Imaginer un media qui rende visible les contenus numériques au même niveau que les contenus imprimés.

• Les libraires, faute de modèle économique viable à l’heure actuelle, sont absents du marché des livres numériques jeunesse.

• Il n’existe pas de possibilité de distribution numérique pour les libraires. Les acteurs monopolistiques du marché (Apple, Google…) proposent des solutions efficaces, là où les libraires indépendants ne peuvent se positionner. Le poids des fichiers est notamment une barrière importante.

• Divers modèles d’offre ont été évoqués : le bundle notamment, le freemium, très utilisé dans l’univers du jeu. Sur la question de savoir si le freemium était applicable au livre jeunesse ? Les avis ont été assez partagés !

• Pouvoir offrir un catalogue semble essentiel en termes de visibilité et d’incitation à la vente.

• Il faut savoir vendre dans le pays où l’on commercialise ses livres, développer des relations directes avec les lecteurs qui deviennent prescripteurs et censeurs à la fois.

• Diverses formes de distribution existent et sont variables selon les éditeurs : distribution en direct sur toutes les plates-formes (mais avec une gestion lourde des metadonnées), recours à des diffuseurs.
La diffusion, même numérique, demeure une compétence à part entière.

Un grand merci aux organisateurs et organisatrices qui ont permis la tenue de ce Bookcamp jeunesse ! 

Le livre numérique jeunesse : quels contenus au menu ? (10)

Faire  des histoires…

Les refaire, les défaire ! C’est ce que permettent aujourd’hui quelques jolies applications pour enfants. Il y a celles qui proposent de choisir les personnages de l’histoire à venir et quelques-unes de leurs caractéristiques : leur couleur par exemple pour Les Histoires de lapin (Europa Apps), leur rôle dans Il était des fois (Valentin Gall et Olivier Castille, iletaitdesfois.fr).

Les histoires de lapin         Il était des fois

 

Avec Les Histoires farfelues (Tralalère), l’enfant peut choisir ses personnages ou toucher le “bouton” Hasard qui, à la manière d’un bandit manchot, sélectionnera les protagonistes pour lui avant d’entreprendre la lecture.

Histoires farfelues

 

 

 

 

Enfin, il y a les applications qui permettent de s’inventer des histoires presque à l’infini. Avec ou sans illustrations, avec ou sans personnages ou accessoires, avec ou sans lecture sonorisée. Mais de belle manière ! Il suffit d’entrer Dans mon rêve (e-Toiles) ou dans Ma petite fabrique à histoires (autrement) et de se laisser prendre au jeu.

Dans mon rêve

fabrique à histoires

 

 

 

 

 

La création ne s’arrêtera sans doute pas en si bon chemin ; les possibilités techniques des tablettes représentant autant de paramètres pouvant servir à la construction, à la modification, au renouvellement d’un récit. On peut imaginer utiliser de nombreux éléments personnels contenus dans une tablette : photos, vidéos, morceaux de musique, textes et autres créations. Mais aussi faire varier le récit en fonction de l’endroit où l’on se trouve, du moment de la journée, du temps qu’il fait et de bien d’autres choses encore.