Le livre numérique jeunesse : quelle stratégie (4) ?

Passe-muraille

14557645_mLe livre imprimé est traditionnellement accessibles dans les librairies, quelles qu’elles soient. Ces espaces de conseils et de vente sont plutôt bien répartis sur l’ensemble du territoire français : le réseau est réputé dense et de qualité.
L’offre de livres imprimés existe dans d’autres espaces moins spécialisés que représentent les chaînes de produits culturels, les rayons des surfaces de grande distribution, les maisons de la presse, les cafés-librairies et quelques autres encore. Le livre imprimé sort peu de ces lieux, qu’il soit vendu au sein d’espaces physiques ou virtuels, via Internet.

La distribution du livre numérique aujourd’hui passe par les magasins d’Amazon, de Google, d’Apple. Mais pas seulement, les initiatives se multiplient pour tenter d’échapper à la mainmise de ces mastodontes. Et on s’efforce de faire emprunter au livre numérique les mêmes circuits que ceux du livre imprimé : les librairies, les chaînes de grande distribution (Leclerc, Système U notamment), les Fnac et autres grands revendeurs de produits culturels.

Or, le livre numérique est un livre dématérialisé. Il échappe donc, par essence, à l’espace et au temps. Il n’est plus attaché à un lieu car on peut acheter un livre quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Et l’on pourrait créer une offre de livres numériques dans n’importe quel espace physique ou virtuel. D’autant mieux que le temps n’existe plus, qu’il est facile d’acheter un livre à n’importe quel moment, sans souci de disponibilité, ni de délai de livraison.

Alors pourquoi cantonner la distribution du livre numérique aux chemins traditionnels ? Pour permettre aux acheteurs de se repérer et de trouver les ouvrages aux endroits habituels ? Pour que les librairies ne soient pas laissées à l’écart de ce marché naissant ? Certes mais beaucoup sont déjà mal en point. Les marges dégagées par les ventes de livres numériques sont-elles vraiment susceptibles de les sauver ? Même s’il est bien sûr souhaitable que les librairies, en tant que lieux d’accueil, de conseils, de rencontres et d’achat de livres, aient une offre la plus complète possible. Elles demeurent des espaces physiques essentiels lorsqu’il s’agit d’acheter des ouvrages imprimés et sont sans doute appelées à se transformer mais de quelle manière (voir l’étude sur la situation économique et financière des librairies indépendantes) ?
Des initiatives comme celles du site leslibraires.fr sont intéressantes. L’e-commerce, tous secteurs confondus,  se développe sans pour autant faire disparaître complètement les lieux physiques. Il semblerait que les livraisons dans les points-relais soient de plus en plus appréciés et pratiqués. Et comme toute boutique ayant pignon sur rue, un site de e-commerce pauvre en animations, incapable de créer des liens avec ses clients, exposant une offre réduite ne fait pas long feu.

Avec le livre numérique, il est désormais possible d’acheter du “lire” n’importe quand, n’importe où. C’est peut-être là que les usages sont à installer. Il y a sûrement de nouvelles voies de distribution à explorer. Il y a sans doute moyen de traverser les murs. Même si les livres s’envolent, les histoires restent toujours les mêmes.

Livres volants

 

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