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Le livre numérique jeunesse : quelle stratégie ? (2)

POM (Prix d’Occupation Maximum)

Si les prix de vente des livres numériques jeunesse (ebooks), homothétiques ou enrichis, s’alignent à peu près sur ceux de la concurrence, qu’en est-il des applications ? On peut constater rapidement qu’il en va de même. Que là aussi, la volonté de conquête du marché prend le pas sur la rentabilité immédiate. Pour les applications dédiées aux tablettes, 4,99 € est un prix parmi les plus élevés (tout est relatif). La princesse aux petits prouts (Audois et Alleuil) est proposée à ce tarif. La marge est étroite puisqu’on descend rarement au-dessous de 2,69 € : prix de vente d’applications assez diverses comme Montessori Letter Sounds (Les 3 Elles interactive), Cendrillon (Appicadabra), Ogre Doux (La Souris Qui Raconte), Fourmi (Opixido/Le Rouergue), pépite de la création numérique Montreuil 2012 dont il existe également une version imprimée (13,90 €). On peut estimer que le prix moyen d’une application-livre  tourne autour de 3,90 €.

Fourmi                    fourmi_couv_m

 

Ce prix est revu à la baisse lorsqu’il s’agit de la même application vendue pour smartphone, cette fois : Dans mon rêve (e-Toiles) est en vente à 4,49 € pour iPad, à 1,79 € pour iPhone. Les applications éditées par Quelle histoire : 3,59 € pour iPad, 2,69 € pour iPhone (et 5 € pour la version imprimée). Tiens le papier revient dans la course ! À un prix supérieur à celui de l’application. Usages obligent ? Un dernier exemple : Bitumia, la planète aux voitures (Gulf stream éditeur), livre imprimé vendu à 11 €, paru récemment sous format applicatif, riche de jeux, est proposé au prix de 4,49 €. Dès qu’il s’agit d’une application, l’écart de prix entre la version numérique et la version papier d’un même contenu semble beaucoup plus important que celui existant lorsqu’il s’agit d’un ebook au format format ePub. Alors que l’interactivité et l’animation de la plupart des applications sont souvent bien supérieures à ce qui est proposé dans les ebooks, enrichis ou non. Ne s’adresse-t-on pas au même marché ? Aux mêmes usagers ?

Bitumia

 

 

 

 

 

Que cherchent les parents sur les stores à ces prix-là ? Essentiellement de quoi occuper leurs enfants, non ? Le ratio entre le temps d’occupation et le prix tourne-t-il à l’avantage du livre ? Pas sûr. Si l’on se penche sur la multitude de jeux pour enfants (moins de 12 ans) que propose l’Appstore, les tarifs s’étirent, après un rapide aperçu, entre 0,89 et 5,99 €. Mais la tranche située entre 0,89 et 1,79 € est particulièrement bien représentée. Est-ce pour tendre vers les prix des jeux-applications que La sorcière sans nom (SlimCricket), pourtant proposée dans la catégorie “Livres”, est vendue au tarif de 0,89 € ? Les prix bas, les frontières assez élastiques entre les catégories ne contribuent pas à la lisibilité de l’offre. Et on y revient encore : quels sont les usages ? Un enfant à qui l’on confie une tablette pendant un temps déterminé préférera-t-il passer d’un jeu à l’autre ou choisira-t-il une application à lire dans laquelle il pourra s’immerger ?

Enfin, si l’on jette un coup d’œil du côté des films et des séries animées, on peut dénicher de quoi occuper ses bambins pendant quelques heures à des tarifs très concurrentiels. On trouve Kirikou et la sorcière à 9,99 € pour 1h10 de visionnage. Ou encore 4 aventures de Wallace et Gromit pour 7,99 €, presque 2 heures de spectacle. L’intégrale de Tintin est à 49,99 € et comprend 39 épisodes de 20 minutes chacun. Les exemples sont multiples. Celui de Kérity et la maison des contes est intéressant : le film est à 7, 99 €, l’application à 3,59 € et l’album à 13,50 €… CQFD : plus d’une heure de baby-sitting à moindres frais !

Malgré son prix attractif, par rapport au même contenu imprimé, le livre numérique ne représente pas toujours une solution aisée vers laquelle se tourner lorsqu’il s’agit d’occuper ses enfants (d’autant plus lorsqu’on en a plusieurs devant le même écran). La concurrence  avec tous les types d’animation (jeux, séries, films) proposés par les écrans est rude. Les bas prix auxquels sont proposées les applications permettent de pénétrer le marché mais pas forcément de rendre l’offre lisible. Par ailleurs, un film d’une certaine durée invite à entrer dans une histoire, renoue avec une linéarité du récit. Une linéarité que l’on reproche souvent aux écrans de ne pas favoriser. Une linéarité que la plupart des applications interactives ne permettent pas. Quel politique de prix appliquer alors pour les applications-livres pour la jeunesse ? Que doit-elle représenter ?

Rencontres de Montreuil

Le très bref compte-rendu d’une journée passée au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil qui a fermé ses portes hier soir. Un temps qui a semblé trop court pour tout voir, tout écouter mais un moment riche en rencontres, en échanges, en rêves… Nous avons déambulé dans les allées à trois, avec de la curiosité et pas mal d’interrogations en tête.

Merci à Guillaume Jaubert, des éditions Sikanmar, d’avoir pris le temps de nous présenter ses créations imprimées et numérique. Une démarche qui nous a intéressée, depuis la phase d’élaboration jusqu’à la diffusion des livres. Si vous ne connaissez pas encore la collection Jo & Moi autour du monde, c’est ! De véritables carnets de découverte pour explorer, lire et jouer. Paris, Rome, New-York, Londres l’Irlande, Madrid sont, actuellement, les destinations au catalogue. Le titre Londres a également sa version numérique – au passage, réalisée avec iBooks Author – disponible dans iBooks.

 

Jo et moi

 

 

 

 

 

 

 

Un échange également intéressant avec Byook, dont les livres immersifs ont déjà été évoqué ici. Mais pas encore la collaboration avec Hâtier dans le cadre de la réalisation d’une application tirée d’un des ouvrages de l’éditeur : Mon chemin. Un album numérique pour les petits (3-8ans) que l’on découvre en suivant le fil rouge de l’histoire…

 

Mon chemin

 

 

 

 

 

 

 

Il faut encore évoquer Mediatools, une agence de conseils et de création de contenus numériques avec qui nous avons pris plaisir à discuter. Sous sa marque éditoriale, Appicadabra, Mediatools a produit quelques jolies applications, aux animations très légères, dont Pinocchio et Cendrillon

 

Pinocchio

 

 

 

 

 

Cendrillon

 

 

 

 

 

La Souris qui raconte, E-toiles, les éditions volumiques, l’Apprimerie, SlimCricket, Webdokid et d’autres, que j’oublie certainement, étaient présents. Nous n’avons pas pu tout faire, pas pu tout voir mais la journée fut riche.
En espérant que les éditeurs de livres numériques, dont les stands ont été très fréquentés semble-t-il, pourront vendre leurs productions au prochain Salon, à l’instar des autres éditeurs. Il n’en était rien cette année.