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On en rêvait, Totam l’a fait !

Très belle année 2014 à venir !
Les principaux changements des semaines passées qui auront sans doute un impact dans les mois et année à venir touchent à la diffusion et aux efforts déployés pour rendre accessibles et visibles, les contenus numériques  jeunesse. Que cela passe par une librairie, Totam, une bibliothèque, Storyplay’r, un groupement d’éditeurs, le Kenji, ou un catalogue de contenus numériques, BibApps.

Un espace virtuel où seraient regroupés livres et autres produits culturels destinés aux enfants,  on en rêve depuis l’arrivée, sur le marché, d’applications comme Dans mon rêve, Une jolie ferme, La coccinelle et d’un certain nombre d’autres produits jeunesse mis au jour, notamment, au moment de l’édition 2011 du salon de Montreuil. Plus de deux ans déjà…

408991_263470767054355_232208063513959_608467_1174090749_nEn 2012, Bayard ouvre son J’aime Lire Store. Osé, à une période où le catalogue de contenus numériques jeunesse n’est pas encore très fourni, où l’équipement des usagers fait encore défaut. Aujourd’hui, Bayard annonce plus de 200 références numériques (éditées par Bayard-Milan pour l’essentiel) disponibles ; 30 000 livres numériques vendus. A noter : aujourd’hui J’aime Lire Store est à la fois un webstore et une application.

Et les autres éditeurs, où vendent-ils ? Quel espace leur est réservé ? Aucun jusqu’à ces derniers mois. Pourtant, si Bayard seul a quelques centaines de références numériques, la production de tous les éditeurs jeunesse, pure-players ou non, dépasse sans doute cette taille. Depuis 2011, le catalogue de contenus numériques s’est enrichi en qualité, en variété et en nombre surtout. De quoi alimenter les étagères d’une librairie.

Totam-logo_webC’est chose faite avec Totam, une boutique virtuelle de produits numériques pour les 2-12 ans. Ouf !
Sur cette librairie web (pas d’application à la date de parution de cet article), l’internaute trouve une sélection de contenus numériques (livres, disques, vidéos, et applications). L’inscription y est gratuite. Certains produits sont accessibles à l’unité, le renvoi vers l’iBookstore ou à l’Appstore est alors fréquent ; d’autres uniquement par abonnement (TotamBox).

Storyplay'r LogoNé presque au même moment que Totam : Storyplay’r. Pas une librairie cette fois, mais une bibliothèque de contenus numériques jeunesse (3-8 ans), accessibles grâce à une application. On y trouve essentiellement des albums. Tout lecteur peut enregistrer sa voix pour accompagner l’histoire. L’enfant peut écouter le même récit raconté par plusieurs personnes différentes, celles qui auront enregistré leur narration. Une grand-mère habitant à 700 km de ses petits-enfant peut ainsi leur lire des histoires.

On ne peut que souhaiter le meilleur des démarrages possible à ces deux projets. Ils contribuent sans aucun doute à la visibilité des contenus numériques jeunesse et permettent le regroupement de l’offre existante destinée à l’achat. Ce qui n’est pas rien. Merci !

sac-kenji-kiehl-envoiD’autres initiatives participent à la mise en valeur de cette offre.
Le Kenji tout d’abord : un collectif créé par cinq éditeurs numériques jeunesse français indépendants. Ses principaux objectifs sont, justement, une meilleure visibilité des contenus, la mutualisation des ressources, la diffusion auprès du grand public, des bibliothèques, des écoles. Une belle et courageuse idée.

BibAppsBibApps.com enfin. Un catalogue d’applications numériques jeunesse classées qualitativement. L’outil est destiné aux professionnels. Il permet, notamment, aux bibliothécaires de se retrouver dans la jungle des nouveautés numériques et de proposer d’autres applications. On ne doute pas de l’utilité d’une telle plateforme, pour la médiation.

Grâce à ces acteurs, on devrait donc y voir un peu plus clair dans l’offre numérique jeunesse, en 2014. Suivre leur évolution, mais aussi celle des gens maintenant bien installés, celle des petits nouveaux dans le quartier, celle des éditeurs de contenus projetés, couvés ou presque nés promet une année riche en découvertes et en métamorphoses du paysage numérique jeunesse.

Le livre numérique jeunesse : quels usages ? (9)

Jeunes liseurs cherchent petites liseuses

IMG_1725Il est assez banal de constater chez les 6-12 ans à quel point les tablettes servent peu à lire. Même si un parent attentif veille à proposer, à tendre à son enfant lecteur (dont l’âge se situe entre 8 et 11 ans) une tablette avec un livre à lire ouvert sur l’écran – pas un livre à jouer, un livre à écouter, un livre à regarder, ni un livre à tapoter, à pincer ou à faire glisser, non un livre À LIRE. L’enfant en question aura tendance, vite fait bien fait, à quitter dans les meilleurs délais le contenu inopportun pour aller explorer les autres merveilles de l’appareil. Difficile de le lui reprocher. On peut même se féliciter de ses qualités d’adaptation, de ses intuitions ciblées et de son habileté dans le détournement du but recherché.
Mais la lecture, elle, passe à la trappe. Elle ne résiste pas face aux jeux, aux animations, à toute la diversité des contenus interactifs que l’on peut afficher sur l’écran d’une tablette.

Alors que les enfants liseurs existent – on peut estimer qu’à partir des premières années d’école élémentaire, ils sont tous lecteurs. Ils ne constituent pas, je pense, une espèce en voie d’extinction, ni un groupuscule extrémiste, encore moins militant. Ils aiment tout simplement se plonger dans un livre, quel qu’il soit, peu importe. Et lorsqu’ils en terminent un, ils en cherchent un autre et se trouvent parfois affamés quand ils n’ont rien à se mettre sous la dent. Plusieurs solutions pour remédier à cela : fureter dans les rayonnages en espérant y dénicher un ouvrage séduisant, faire le siège de la bibliothèque du quartier, passer à la librairie du coin (si vous avez la chance d’en avoir une), emprunter, troquer, quelques volumes entre amis. Que sais-je encore ?

La tâche devient plus ardue en période de vacances scolaires lorsque l’on se retrouve à quelques centaines de kilomètres de son lieu de résidence principal et qu’au bout de 3 heures de train ou de voiture, votre jeune lecteur déclare avoir terminé les trois pavés que vous lui aviez achetés pour le séjour. Bigre ! Et s’il n’a que 8 ans, ça ne fait que commencer…
Vous lui cédez alors, avec la meilleure volonté du monde ou pas, votre tablette sur laquelle vous avez bien téléchargé deux ou trois livres pour votre progéniture. Et là, le miracle se produit. Il ne lit plus. Rien de grave. Simplement un constat d’usage.

Plutôt que des tablettes dédiées, pourquoi n’existe-t-il pas de liseuses pour enfants ? Avec un look un peu plus attractif que les appareils actuellement disponibles sur le marché ? La lecture n’est-elle plus considérée comme un divertissement, un loisir pour les plus jeunes ? De nombreux parents n’imaginent pas équiper leurs enfants de tablettes. Leur position serait-elle la même s’il s’agissait de liseuses adaptées (non connectées notamment), pouvant contenir de quoi étancher la soif livresque de certains enfants ? Quelques barrières tomberaient sans doute.