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Le livre numérique jeunesse : quels contenus au menu ? (6)

Anne, ma sœur Anne…

Une fois de plus, il ne s’agit pas ici de faire des critiques d’applications et d’e-books pour enfants mais d’observer de quelle manière se densifie l’offre de livres numériques pour la jeunesse. En matière d’applications, cette offre s’adresse majoritairement aux plus jeunes, des tout-petits (2 ans, voire même 18 mois) aux lecteurs débutants (7 ans). L’interactivité est alors pleinement justifiée pour des enfants qui ne lisent pas ou à peine, mais qui prennent beaucoup de plaisir à écouter, toucher, jouer. Les parents, pour beaucoup d’entre eux, gardent en mémoire certaines des images de leurs livres de jeunesse. Elles sont souvent associées à des titres en particulier. On peut alors se demander, ce que vont conserver les nouvelles générations de leurs lectures numériques ? Des images certainement, mais aussi peut-être une voix, des sons, des gestes ? Quels types de contenus vont les accompagner jusqu’à l’âge adulte ?

Car pour l’instant, hormis dans la catégorie e-books (et encore, peu de véritables créations), difficile de trouver de quoi alimenter les bons lecteurs, pas encore ados. Disons, les 9-12 ans. Le J’aime Lire Store propose bien, dans son catalogue, des livres pour les 7-12 ans. Il s’agit essentiellement des romans et bandes dessinées issues du magazine J’aime lire. À 9 ans, pourquoi pas. À 12 ans… C’est moins pertinent. À cet âge, pas question d’applications pour les bébés. Mais… toute réflexion faite, ils aimeraient bien aussi avoir leur quota d’interactivité et d’animations ! Alors quoi ?
On perçoit quelques frémissements. Des éditeurs numériques commencent à avancer sur le terrain.

Il y a Studio Troll avec La famille Strudel et Une nuit d’hiver. Des récits accessibles aux bons lecteurs mêlant le fantastique, l’imaginaire où il est question de fées, de lutins et bien sûr de leur univers. Ce monde enchanté, parfois inquiétant, aurait pu être illustré, mais il n’est qu’habilement suggéré, à travers le texte bien sûr, mais surtout à travers l’ambiance sonore, les animations (légères) qui accompagnent la lecture. L’expérience est très intéressante même si les textes auraient besoin de quelques corrections et d’un petit lifting éditorial…

 

          

 

 

 

Dans la même veine, celle de créer un univers autour de textes sans pour autant les illustrer intégralement, on trouve Byook. Trois titres au catalogue : La bande mouchetée (une aventure de Sherlock Holmes), Little Fear et Tara Duncan. La bande mouchetée est très séduisante, les animations qui viennent agrémenter le texte n’interrompent la lecture à aucun moment. En revanche, ne laissez pas Little Fear entre les mains de vos enfants sans avoir regardé cette application auparavant, on frise le film d’horreur…

 

                    

 

 

 

Enfin, il y a l’Apprimerie. Cette toute nouvelle maison d’édition vient de sortir Voyage au centre de la terre, une adaptation interactive du roman de Jules Verne. Et il faut dire que c’est plutôt réussi, tant le contenu que le graphisme. L’application donne à lire, à regarder, à écouter, à toucher. Ce que les grands demandent parfois autant que les petits !

 

 

 

 

Et puis c’est tout ? Il semble, pour aujourd’hui. N’hésitez pas à me signaler tout oubli. Si l’on s’en tient là, c’est très peu. Jules Verne, Conan Doyle… Comme s’il fallait revenir à certains fondamentaux pour réinventer la littérature jeunesse, pour écran cette fois.
Guettons donc la suite. On peut espérer qu’un tas d’autres applications pour les “grands” sont en préparation, que le réjouissant billet d’Étienne Mineur (Ré-enchanter la lecture numérique) et toutes les pistes qu’il ouvre vont donner une multitude d’envies et d’idées aux auteurs, aux éditeurs.
Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ?

Le livre numérique jeunesse : quels contenus au menu ? (3)

Du contenu, baby !

Cela n’aura échappé à personne, le journal Le Monde (éditions datées du 19 juin 2012 et du 3 juillet 2012), entre autres, relaie l’information depuis quelques semaines : les fabricants de jouets annoncent une offre alléchante de tablettes numériques destinées aux enfants à partir de 18 mois. À quel prix ? Entre 100 et 200 €, pour les plus onéreuses. Vetch mise sur la vente de 500 000 tablettes pour enfants en 2012 (voir l’étude faite par l’Institut des Mamans sur l’utilisation des smartphones et tablettes par les 1-6 ans).

Quel contenu y trouvera-t-on ? Divertissements déjà intégrés, cartouches de jeux, de vidéo et autres pouvant être ajoutés, possibilité de téléchargement de contenus à partir de l’ordinateur des parents sont quelques-unes des solutions imaginées pour enrichir ces tablettes. Il n’est pas question d’accès à internet pour les produits destinés aux plus petits. Et les livres là-dedans, vont-ils trouver leur place ?

L’offre technologique devance l’offre de contenu livresque jeunesse qui, à quelques exceptions près, ne suit pas. C’est dommage. Les éditeurs “traditionnels” ont des atouts en matière de publications destinées à la jeunesse et disposent d’un savoir-faire que les éditeurs purement numériques n’ont pas obligatoirement. Pourtant, il semble bien que ces pure-players commencent à occuper la place de manière significative. À l’image de ce Conte du haut de mon crâne, édité par la Souris qui raconte, un récit beau et singulier, purement numérique, et en plus destiné aux grands (9 ans au moins), ce qui est rare en matière d’applications jeunesse (voir aussi Cherchez le “documentaire”). La preuve que la qualité, en matière de littérature jeunesse, ne passe pas uniquement par le papier. Ce serait une forme de snobisme de le croire aujourd’hui.

 

 

 

 

 

Le champ est donc grand ouvert pour les éditeurs, avec des risques, certes, mais aussi une liberté qui n’existe sans doute plus dans l’édition imprimée. Sachant que les utilisateurs, une fois, la tablette acquise, ne seraient pas réticents à l’achat de contenus (voir Actualitté : Tablettes : des utilisateurs plus enclins à l’achat de contenus).