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Casse-tête en attendant Noël

Que faut-il faire pour commercialiser le livre numérique jeunesse (applications et e-books) ? L’entreprise est loin d’être simple comme en témoignent quelques éditeurs dont La Souris qui raconte (voir, notamment, son blog, Gratuit… et après ?) et les chiffres issus de l’enquête de l’Observatoire Orange – Terrafemina (dossier Tablette tactile : la nouvelle nounou ?) sur les usages numériques des moins de 12 ans.

D’après ce sondage, 30 % des parents des enfants de moins de 12 ans, en France, possèdent une tablette (65 % un smartphone). Parmi ces parents, 27 % ont acheté plusieurs fois des applications jeunesse – 51 % chez les cadres, 42 % chez les Franciliens – , 11 % en ont acheté une fois. 84 % des parents ont déjà acheté une application pour jouer, 46 % une application d’enseignement et 36 % une application racontant une ou des histoires.
Pour faire simple, sur 100 familles, 30 sont équipées de tablettes. Et sur ces 30 familles, 11 d’entre elles (38 %) ont déjà acheté une ou plusieurs applications qui sont essentiellement des applications pour jouer, moins pour lire ou entendre une histoire. Aussi le marché du livre-application jeunesse semble-t-il pour l’instant très limité. Parce que la majorité des familles n’est pas équipée d’une tablette. Parce que même dans les familles équipées, il apparaît qu’une minorité seulement achète des applications pour ses enfants. Mais aussi parce qu’il n’y a pas d’autres canaux de diffusion que l’App Store et Google Play. Et enfin, parce que “pourquoi acheter une application alors que je peux en trouver des gratuites ?” !

Si l’on croit vraiment que ce marché du livre numérique jeunesse est pourtant naissant et appelé croître dans les années à venir, comment le développer ? Comment accompagner son ouverture malgré les contraintes économiques lourdes qui pèsent sur les éditeurs : un coût important de développement des applications, des prix de vente extrêmement bas, une commercialisation liée à deux intermédiaires incontournables en matière d’applications (App Store, Google Play), une visibilité davantage fondée sur le nombre de téléchargements – en d’autres termes la gratuité –  que sur le contenu. Comment élargir les canaux de diffusion, transmettre au plus grand nombre, mettre en valeur un catalogue ? Est-ce le rôle des libraires ? Qui d’autre ? Et pour qui ?

Les débouchés du livre numérique jeunesse sont bien sûr dépendants du taux d’équipement des familles, mais pas seulement. Il faut également prendre en compte les usages, décisifs. Suis-je prêt(e) à télécharger sur MA propre tablette une application pour ma progéniture – sachant que je ne la lui abandonnerai pas plus de 15 minutes ? Suis-je prêt(e) en plus à payer cette application ? Pour quel usage ?
Va-t-il falloir attendre que chaque enfant soit équipé de sa propre tablette pour que le marché des applications et des e-books jeunesse prenne forme ? Alors vivement Noël, on nous annonce un déferlement de tablettes pour nos bambins…

On peut rêver d’une e-librairie spécialisée dans la production jeunesse, réunissant une offre alléchante en quantité et en qualité, donnant des repères, dispensant des conseils de lecture, présentant les ouvrages autrement que par leur prix, leur nombre de téléchargements et leurs “articles associés”. Une source de rêve pour les parents. Mais en l’absence de solution économiquement viable et de marché conséquent, une telle mise en place semble très compliquée par les temps qui courent !

Le livre numérique jeunesse : quels contenus au menu ? (5)

L’art du funambule

“Il était une fois…” Une histoire, lue, contée, projetée, jouée, reste une histoire avec un début, une intrigue, une quête, une aventure ou autre et un dénouement. Pour les tablettes, on y ajoute aujourd’hui, en plus des illustrations et du contenu textuel, de multiples éléments dont le son, l’animation, l’interactivité et souvent le jeu. Gadgets ou révolution dans la conception des récits pour enfants ?

Il est certain que la conception graphique d’un livre destiné à être lu sur une tablette est un peu différente de celle d’un ouvrage imprimé. Le pli du milieu par exemple, l’intérieur ou l’extérieur de la page s’effacent au profit d’autres repères, d’autres règles de mise en forme. Le texte et la partie illustrée (dessins, photos et autres) sont donc pensés et organisés pour l’écran et non plus pour le papier. Et si l’on enrichit le tout, l’affaire se complique. La conception d’une applications livresque devient presque une production cinématographique faisant appel à des compétences très diverses. L’écran invite ainsi à inventer de nouvelles manières de construire des histoires.

Plusieurs éditeurs se sont déjà lancés, de façon plus ou moins expérimentale. Les trouvailles des éditions volumiques, même si davantage dans le jeu que dans le livre, laissent apercevoir la diversité d’utilisation ludique des tablettes et les connexions possibles entre le papier et l’écran (voir notamment l’application Balloon PaperApp utilisant un livre et iPad).

 

 

 

 

La Souris qui raconte, une maison d’édition numérique, est une des pionnières des histoires pour l’écran. Le catalogue s’organise autour de trois collections. La première : les “histoires à lire” (du son et quelques animations) avec, pour tablettes, La petite musique du monde. La seconde : les “histoires à jouer” (enrichies, interactives), dont  Conte du haut de mon crâne. Enfin, les “histoires à inventer” (des histoires au déroulement différent selon les choix du lecteur) avec la réjouissante ogresse.

 

 

 

 

L’écran permet de mettre en place des histoires à choix multiples avec un peu plus de fluidité que sur le papier. Dans L’ogresse, trois chemins s’offrent à l’enfant pour connaître l’issue de l’histoire. Il peut bien sûr revenir en arrière pour découvrir les deux autres.
D’une manière un peu différente, mais fonctionnant selon le même principe, Les Histoires de lapin d’Europa-Apps font intervenir, comme son titre l’indique, un lapin, que le lecteur personnalise avec la couleur de son choix. Au lecteur ensuite de choisir, à la carte, l’autre protagoniste du récit : un loup, une princesse ou un dragon. Il ne s’agit plus d’une “histoire à jouer”, comme chez la Souris qui raconte,  mais de “jouer à une histoire”. On joue sur les mots ?

 

 

 

 

Parmi ces histoires à choix multiples, on trouve bien sûr les récits dont vous êtes le héros. Notamment ceux de Walrus Books : Le vaisseau du temps et La bibliothèque infernale. Ces récits se prêtent parfaitement au format des e-books, sans illustrations, des liens textuels guidant la lecture.

 

 

 

 

La tablette permet d’inventer de nombreuses déclinaisons d’histoires dont le lecteur peut modifier le cours, les personnages, le décor. La construction de ces histoires peut donc devenir assez complexe selon les options offertes au lecteur.
Impossible de ne pas évoquer Dans mon rêve (e-Toiles éditions), qui fonctionne selon le principe du cadavre exquis et qui permet, à partir de trois bandes de dessins et de phrases, de créer de courts textes et des illustrations. Pas à l’infini mais presque ! De quoi permettre aux petits de s’inventer de véritables histoires.

 

 

 

 

Pour les plus jeunes toujours, l’application Fli Fli et Flo Flo (Ceci n’est pas Éditions) propose deux histoires qui se rejoignent pour ne faire qu’une à la fin. L’histoire de Fli Fli en utilisant sa tablette en positon horizontale, l’histoire de Flo Flo en tenant l’écran à la verticale. Des animations d’une grande sobriété mais une construction de récits exploitant les ressources des écrans des tablettes.

 

 

 

 

 

Enfin, un livre dense, étonnant et unique dans son genre pour l’instant en numérique jeunesse : L’Herbier des Fées (Albin Michel). Un botaniste russe du début du 20e siècle narre, à travers son journal de bord, ses recherches dans la forêt de Brocéliande. Les légendes pour des illustrations prenant l’allure de planches naturalistes, les animations, les incroyables vidéos “d’époque” viennent sans lourdeur habiller l’histoire et plonger le lecteur dans une aventure riche en découvertes.
La façon dont le récit a été conçu, à la fois pour le papier et pour l’écran, n’est pas innovante en soi. En revanche, elle a été exploitée et enrichie pour les tablettes d’une très belle manière. L’équilibre entre l’attention portée au texte et l’attraction des éléments interactifs n’est pas évident à trouver. Plusieurs applications jeunesse pêchent par leur surenchère en animations au détriment de l’histoire, parfois par manque d’un récit solide et construit. On en est loin avec L‘Herbier des Fées. Le sujet et la manière dont il est conté deviennent vite fascinants, même si la tentation de tapoter l’écran à tout bout de champ est grande. D’un bout à l’autre de l’histoire apparaissent de petits tiroirs que l’on peut ouvrir ou pas sans risquer d’altérer le récit. Un numéro de funambule réussi.

 

 

 

 

Un équilibre un peu plus difficile à trouver pour Babel, le chat qui veut être roi (epic). L’histoire pleine de sens, au parfum de conte philosophique, soufre par moments des enrichissements faits pour l’écran. Son découpage – chaque tableau est un chapitre – implique une lecture un peu hachée. On a tendance à passer plus de temps à chercher les animations qu’à s’immerger dans le récit. D’autant plus qu’il faut parfois lire les instructions d’aide pour la manipulation de l’écran, en plus du texte de l’histoire.

 

 

Les applications numériques reprenant les contes traditionnels (celles de Chocolapps par exemple), les histoires que l’on peut trouver dans le J’aime Lire Store rencontreront sans doute toujours de nombreux lecteurs. Les récits lus et relus, transmis depuis quelques générations obtiennent un succès garanti auprès du jeune public. Quelle que soit leur forme finalement. Le fond y est et c’est lui qui compte.
La conception formelle des histoires pour les écran des tablettes est donc différente de celles conçues pour un livre imprimé.
Mais sur le fond, l’entreprise reste la même. Celle des auteurs, des relecteurs, des éditeurs. Que le livre soit imprimé ou numérique (application ou e-book), l’histoire ne peut pas être un prétexte mais doit rester le cœur de tout ce qui gravite autour. Et il en va de même pour le documentaire. Aussi époustouflants soient-ils, tous les enrichissements numériques mis en place ne rattraperont pas un récit qui ne tient pas la route, il manquera l’essentiel. L’écueil inverse est aussi à éviter : ne pas occulter une belle histoire pas trop d’animations. Tout l’art du funambule…

À la page

La Parenthèse, une librairie jeunesse de Liège, a enrichi son site internet d’une page “Livres numériques” (voir Actualitté et Lettres numériques, 24 août 2012). Une sélection commentée d’applications et d’e-books, classés par âge, est présentée dans cette rubrique. Le téléchargement passe par l’Appstore pour les applications et par epagine.fr pour les formats ePub.
L’initiative est louable et laisse espérer que les librairies ne perdent pas pied. Qu’elles tiennent leur rôle de diffusion du livre, quelle que soit sa forme. Il serait intéressant de savoir combien de personnes fréquentant le site de la librairie y téléchargent (même indirectement) une application ou un e-book. Car même si les librairies jeunesse commencent à mettre en ligne leur sélection de livres numériques, des prescripteurs comme La Souris Grise, Applimini ou Declickids, ne les ont pas attendues et ont pris de l’avance. Ces sites proposent déjà depuis quelque temps de télécharger les applications jeunesse présentées sur leur site. Tout est ensuite question de légitimité.
Le véritable changement sera dans l’organisation d’une plate-forme de diffusion de livres numériques – et jeux pourquoi pas – spécialisée en jeunesse. Où l’on pourrait trouver, entre autres choses, une sélection de qualité, des conseils de lecture et de la vente directe.

La librairie peut-elle devenir un espace à la page, où le lecteur trouverait des livres sous toutes leurs formes. Est-il possible de faire exister cet espace – physiquement, virtuellement –, même si une partie des ventes se fait par le biais d’internet via certains poids-lourds marchands ? Comment le rendre à la fois réactif à la demande et attractif pour les conseils et les échanges que l’on y trouve ?
À l’heure où les canaux de transmission se sont diversifiés et, au détriment sans doute des librairies indépendantes, la mise au jour des livres passe par les réseaux, les blogs, les forums, les sites (marchands ou non). Montrer et parler des livres, donner des idées de lecture (connectée ou pas) ne sont donc pas des actions périmées par l’arrivée du numérique, bien au contraire.
Mais alors comment faire des librairies des intermédiaires incontournables dans le développement du numérique ?

“Le juste prix” ?

Combien dépensons-nous dans une libraire jeunesse lorsque nous achetons, ne serait-ce qu’un livre ? Pour un album illustré, grand format, relié avec couverture rigide, on compte rarement moins de 20 €. Avec une couverture souple, on descend autour des 15 €. Le même titre, réédité en petit format, passe à 5-6 € environ mais ce n’est plus le même produit. Difficile de parler d’album lorsque le texte et les illustrations sont réduites à un format souvent plus petit qu’un A5. Si l’on cherche un livre pour les bons lecteurs, offrant davantage de textes et, quand il y en a, des illustrations souvent en noir et blanc, les prix se tassent un peu. Un Harry Potter, format poche, revient quand même à 8 € euros minimum. La version brochée monte à 15 €. Enfin, pour un documentaire jeunesse assez fourni, il faut souvent compter 12 €, au moins. Si nous fréquentons les librairies jeunesse, nous acceptons de payer ces prix, et de bon gré lorsque l’ouvrage en vaut la peine. Et même si parfois, nous estimons que l’acquisition d’un livre peut se révéler assez coûteuse, qui peut se vanter de ressortir régulièrement et facilement d’une librairie sans avoir acheté un seul livre ? Pas moi.

Si l’on compare les prix de ces livres imprimés à ceux des livres numériques, la différence est singulièrement étonnante. L’intervalle entre le livre le plus onéreux et celui le moins cher se réduit considérablement. En arrondissant, il faut compter entre 1 et 4 € – 5 € grand maximum, pour l’acquisition d’une application jeunesse ou d’un ebook ! Exception faite aujourd’hui de L’Herbier des fées (Albin Michel) qui affiche un prix de 14,99 €. Existe-t-il un juste prix pour le livre numérique jeunesse ? Il n’est pas évident de répondre aujourd’hui à cette question : le catalogue offert n’est pas encore assez riche, les usages ne sont pas encore établis.
Que signifient donc les faibles prix affichés pour le numérique ? Que le coût de production se réduit considérablement lorsqu’il n’y a plus d’impression papier ? Il n’en faut pas moins rémunérer le ou les auteur(s), le(s) illustrateur(s), la création graphique, le(s) développeur(s) et l’éditeur lui-même qui, malgré la version numérique du produit n’en a pas moins un travail de chef d’orchestre, de coordination, de supervision, de correction. Les technologies innovantes, les facilités de publication, même si elles peuvent être positives pour certains usages, peuvent hélas laisser penser que s’auto-éditer est un jeu d’enfant, qu’écrire et que publier sont à la portée de tous. On en arrive rapidement à la conclusion que les éditeurs, comme les distributeurs (qu’ils soient libraires ou autres diffuseurs) ne sont plus des intermédiaires indispensables pour transmettre un livre et son contenu. Et que tout auteur peut s’auto-publier et trouver son public. Où sont les garde-fous de ce modèle ? Quelle critique, quelle qualité peuvent naître d’un tel système ?

Nous n’en sommes pas encore là, heureusement. En matière d’applications et d’ebooks jeunesse, les prescripteurs existent et sont peu à peu entendus : La souris grise, Applimini, Declickids, pour ne citer qu’eux. Si l’on se plonge dans les critiques émises et dans l’exploration des livres numériques pour enfant, on constate que le travail d’édition ne s’improvise pas. Les principaux éditeurs de livres imprimés, même s’ils n’offrent, pour la plupart, qu’une version numérisée plus ou moins enrichie de leur catalogue jeunesse, proposent des titres numériques qualitatifs, fidèles à l’image de leurs ouvrages imprimés. Les nouveaux arrivants, purement numériques, ne brillent pas tous par leur savoir-faire en terme de contenu. En revanche, ils osent parfois prendre d’autres risques, plus techniques. Quel équilibre sera trouvé entre les prouesses techniques et les contenus pour enfant ? La question reste ouverte pour l’instant.
Mais quel que soit le type d’édition numérique vers lequel nous nous dirigeons, pour qu’il soit de qualité, il doit être rémunéré à son juste prix. Les tarifs des livres numériques jeunesse sont très bas, sans doute trop bas pour rétribuer dignement ses créateurs. Il est habituellement établi que le bon prix d’un ebook serait 40 % moins cher que celui de sa version imprimée. Ce n’est pas le cas actuellement. Car sur cette base, un livre papier acheté 8 € (ce qui est déjà peu) dans une librairie jeunesse, serait à 4,8 € dans sa version numérique. Or, rares sont aujourd’hui les applications et les ebooks qui atteignent 5 €. Espérons que cette tendance évolue, que les prix trouvent un équilibre viable pour les acteurs du livre. Et que nous assistions à la naissance d’un modèle économique qui fera de l’édition numérique de demain, une édition riche de livres que nous voudrons transmettre.

Transmettre

Nous imaginons tous que nos enfants vont adorer les albums, les livres qui nous ont marqués lorsque nous avions leur âge. Nous nous accrochons facilement à ce que nous estimons être des « valeurs sûres » en matière de lecture. Nous fournissons à nos bambins ce que nous connaissons : en premier lieu, les livres qui ont accompagné notre éveil littéraire, qui nous ont donné le goût de lire. La plupart du temps, nous les achetons ou les empruntons, tout heureux de les trouver encore en librairie ou en bibliothèque. D’autres fois, nous leur transmettons avec émotion l’exemplaire que nous avons lu et relu avant de le conserver pieusement en pensant à notre progéniture future. Tout cela pour observer que la transmission livresque se fait par le papier et, en général, au sein de la famille, dans les premières années de pratique de la lecture en tout cas.

Cela n’empêche pas de tomber parfois de haut lorsque votre enfant feuillette un livre que vous avez tant aimé et, peu intéressé, le laisse de côté pour ne plus y toucher ! Mais que se passe-t-il ? Où ai-je fauté ? Nulle part. Ce n’est pas parce que votre enfant ne lit pas exactement tout ce que vous avez aimé – et oui chaque être est unique, je crois – qu’il ne baigne pas dans un environnement culturel et livresque qui est le vôtre et qui laissera son empreinte d’une manière ou d’une autre.

Cet environnement risque d’être bientôt – s’il ne l’est déjà – bousculé par l’arrivée du numérique dans la lecture. Qu’allez-vous transmettre à vos enfants demain ? Des livres ? Des tablettes ? Avec le livre papier, c’est facile : le support et le contenu ne font qu’un seul et même objet que l’on peut presque se passer de génération en génération. La transmission est simple. Et, jusqu’à maintenant, on associe souvent un contenu à la couverture du livre dont il est question, ou bien à son format, à sa mise en page particulière ou encore à d’autres éléments liés à la fabrication de l’ouvrage. Tout va bien, l’univers est familier.

Mais avec le livre numérique, tous ces repères fichent le camp : le contenu est toujours là, mais le support est étranger, voire étrange… Les parents ne sont pas équipés du support qu’il faut et, s’ils le sont, ne sont pas familiers avec les contenus proposés. Alors transmettre sa tablette ou sa liseuse ? Certainement pas. Nous en gardons pour l’instant un usage personnel, quelquefois familial. Mais dans quelques années, l’ergonomie des tablettes aura sans doute évolué, le format et la présentation de leurs contenus également. L’avenir du papier comme support de lecture semble menacé ? Peu importe, la question n’est finalement pas essentielle. Il est aujourd’hui urgent de s’adapter et, à défaut d’avoir des compétences techniques, de conseiller, donner un avis, critiquer les nouveautés numériques.

S’accrocher et imposer à tout prix le livre papier, au risque de couper ses enfants des progrès technologiques, ne semble pas être une solution à long terme. Il faut donc trouver une nouvelle voie, inventer de nouveaux modes de transmission avec les moyens auxquels il va falloir désormais s’adapter. Car comme le disent Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore – conte numérique plutôt réussi – les années passent mais les mêmes histoires font toujours rêver…

Accueillez la nouveauté numérique comme une opportunité !